| Cette semaine aura été riche en évènements. Sans revenir sur mes démêlés avec les poseurs de sabots, je citerai la première réunion parents/professeur de notre vie qui s'est déroulée mercredi soir. A cette occasion nous avons rencontré M. Harris, le professeur de Quentin. Il nous a dit que Quentin faisait beaucoup d'efforts pour comprendre et pour s'intégrer dans le groupe et qu'il commençait à comprendre les sons et que chacun faisait ce qu'il pouvait pour l'aider. Nous pouvons donc être optimistes pour les prochains mois. Toutefois, Quentin ne retournera pas à l'école avant une semaine car ici ce sont les vacances jusqu'au 20. Cette première période s'est clôturée par une journée pirate au cours de laquelle tout le monde (y compris les professeurs) était déguisé en pirate. Pour ce qui est de Aude, elle a été à Birmingham à la recherche d'un travail. Elle a laissé quelques CV. Il n'y a qu'à attendre. |
|
En ce qui me concerne, j'ai fait une pause de 2 jours dans mon travail pour aller visiter des élevages avec l'équipe du TB project. En effet, certaines personnes dans l'unité dans laquelle je travaille mènent une étude sur la tuberculose bovine (TB) principalement, mais aussi sur la BVD. La tuberculose bovine est due à Mycobacterium bovis, tandis que la tuberculose humaine est le plus souvent due à Mycobacterium tuberculosis. Toutefois M bovis peut être à l'origine de cas humains. Dans ce cas les formes extra-pulmonaires dominent. C'était autrefois une cause importante de tuberculose chez l'homme. Grâce aux mesures de prophylaxie qui ont permis la quasi-éradication de cette maladie chez les bovins en France et d'hygiène, l'incidence de la maladie est quasi nulle chez l'homme. En 1995 38 des 7075 cas de tuberculose humaine déclarés étaient dus à M bovis soit 0,7 cas pour un million d'habitants. En Angleterre la prévalence de la tuberculose chez les bovins est relativement importante. Cette maladie se maintient chez les bovins à cause du blaireau qui est le réservoir principal, si bien qu'il est envisagé d'abattre une partie de ces animaux. Pour ce qui est de mes 2 jours dans la campagne anglaise, j'ai effectué ces expéditions avec Anna la vétérinaire espagnole responsable du projet, Sam qui s'occupe de l'immense base de données du projet ainsi que Steve qui réalise les analyses qui ne nous a accompagné que jeudi. Les injections de tuberculines avaient été réalisées 3 jours auparavant et nous venions pour la lecture des résultats faite par le vétérinaire. Des prises de sang ont été réalisées en même temps pour la recherche d'anticorps anti-Mycobacterium bovis, et des antigènes BVD. |
|
| Jeudi nous avons été dans le Gloucestershire dans un élevage vaches allaitantes aux multiples races. Il semble que ces animaux étaient en majorité des Hereford croisés Holstein. Les bâtiments étaient anciens et la ferme de taille modeste. Les animaux ont été passés un par un dans une cage de contention. Pour chaque animal de plus de 2 ans, le vétérinaire vérifiait la taille de la papule (ou de la plaque ? lol) aux 2 points d'injection tandis que Anna faisait la prise de sang sous la queue alors que Sam relevait faisait correspondre le numéro du prélèvement au numéro de l'animal pendant que Steve rangeait les prélèvements et préparait les tubes pour les prélèvements à venir. Dan s cette entreprise qui n'était pas sans rappeler l'Union Soviétique dans ces glorieuses années, je me contentais d'ouvrir et de fermer la porte de la cage de contention entre 2 animaux car l'éleveur amenait lui-même les animaux. Ce sureffectif était du à la présence de Steve qui venait sur le terrain pour ce projet dont il ne voit habituellement que les prélèvements et à ma présence en tant que guest star. En milieu de matinée nous avons très gentiment eu droit à des sandwichs (bacon and sausages) et à du café. Après cette courte pause, passage d'un nouveau lot d'animaux. Nous avons à cette occasion pu voir les séquelles d'une mammite gangréneuse survenue vers noël c'est-à-dire il y un mois et demi. La vache est gardée car son veau tête encore : bon appétit le veau ! Ensuite nous avons aidé le vétérinaire pour le parage de pied d'un taureau charolais (attention au taureau) qui avait les onglons qui se croisaient et des lésions de fourbure (laminitis). Fin de la visite vers 14h00 et retour à l'université en 1h30.
Les mammites sont des affections fréquentes chez la vache laitière, plus rare chez la vache allaitante. La mammite gangreneuse est une forme rare et particulièrement grave de mammite. Elle est due à des Staphylocoques et à des anaérobies. C’est une forme souvent mortelle et d’évolution rapide. Cette maladie peut se traiter par l’administration d’antibiotiques, mais bien souvent l’animal meurt, ou perd son quartier dans le meilleur des cas. La plupart du temps pratiquer une euthanasie. Les produits utilisés contiennent un anesthésique qui limite les souffrances de l’animal. Ici la vache n’a pas été euthanasiée car sinon son veau serait mort. |
|
Vendredi, visite de 2 fermes dans la région de Hereford. Une occasion pour moi de découvrir les magnifiques routes de la région bordées de haies. Nous devions nous rendre dans l'élevage pour 9h30, heure à laquelle nous sommes arrivée. Gros élevage avec des vaches allaitantes, des poulets (60 000, 9 semaines d'élevage avec détassage à 6-7 semaines). Contexte particulier puisque l'éleveur se remet d'une leucémie. C'est autour d'un café qu'il nous a dit qu'il fêtait son anniversaire demain et ses 100 jours de greffe de moelle osseuse dans 3 jours. Finalement nous sommes allés dans un autre élevage entre temps car suite à des urgences, le véto ne pouvait pas être là avant 11h00. Second élevage : élevage laitier, 1,3 million de litres de lait contrôle d'un animal acheté pour la BVD. Un des éleveurs nous interroge sur l'intérêt de vacciner les IPI. La paratuberculose est par ailleurs présente dans l'élevage mais pas d'inquiétude : le nombre de cas cliniques semble diminuer bien qu'aucune action corrective n'ait été entreprise. Je vois une chose que je n'avais jamais vu auparavant, la ration est composée d'ensilage d'herbe, d'ensilage de maïs, de betteraves à sucre, de blé traité et de POMMES DE TERRES (celles qui sont hors-gammes et qui n'ont pas pu être vendues). Retour au premier élevage. Ils ont commencé à tester les veaux. Les animaux de moins de 2 ans n'ont pas besoin de prise de sang. Puis nous passons les animaux un par un dans le parc de contention. Je parle un peu avec le vétérinaire qui me confirme que les cornadis ne sont pas chose courante dans le pays. Par contre la tuberculose bovine est un gros problème avec de grosses disparités selon les régions. Cette région est l'une des plus touchée avec 5 à 20% des élevages avec au moins un cas. Les autres dominantes sont les dilatations-torsions de caillette, la BVD, les boiteries qui concerneraient 20% des vaches et les problèmes respiratoires sur les veaux allaitants. La prophylaxie ne concerne que la tuberculose et doit être faite de tous les 4 ans à tous les 2 mois selon les élevages. Cela représente un temps plein sur les 3vétérinaires du cabinet. Nous partons de la ferme à 14h30, nous allons manger dans un pub puis nous rentrons à l'université. |
|
par Aurélien
publié dans :
Vétérinaire



